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الأربعاء، 23 ديسمبر 2009

Platon


Platon est le premier philosophe dont l'oeuvre nous soit parvenue à peu près intégralement. Elève de Socrate, dont il défendra la mémoire, il est aussi la première figure du philosophe engagé dans son siècle sur le plan politique.

Sommaire

Les sources de sa pensée
La vie de Platon
Apport conceptuel
  • Le savoir et l'ignorance, la théorie des Idées
  • La morale et la politique
Les principales œuvres

Les sources de sa pensée

Elève de Cratyle, disciple d'Héraclite, il réfléchit sur Parménide. Adversaire résolu des sophistes, il fut surtout l'élève de Socrate dont la rencontre fut l'événement capital de sa vie. Il reçoit aussi l'influence des pythagoriciens et des mathématiques de son époque comme en témoigne la devise "Que nul n'entre ici s'il n'est géomètre" qu'il fit graver au fronton de l'Académie, l'école qu'il fonda.

La vie de Platon

Platon nait en 427 av J.C, deux ans après la mort de Périclès. Il est issu d'une famille noble et semble promis à une carrière politique. Il reçoit l'éducation de tout jeune athénien: l'aprentissage de la poésie (Homère), de la musique (flûte, cithare), de la gymnastique. Son milieu lui offre de plus une formation intellectuelle diversifiée et solide. Deux événements feront renoncer Platon à la politique:

  • l'échec du gouvernement des Trentes dans lequel étaient impliqués des proches de sa famille et qui se comporta de manière sanguinaire.
  • surtout sa rencontre avec Socrate et la fin tragique de ce dernier. Il rencontre Socrate en 407 av. J.C. Il suivra son enseignement pendant 8 ans. Platon est séduit par ce maître qui sait démasquer les incompétences et espère concilier le respect de la justice avec sa participation aux affaires de l'Etat.

Mais en 399 av.J.C., ses espoirs s'effondrent : Socrate est condamné à mort (en régime démocratique) et boit la ciguë.
Le philosophe est incompris par ses concitoyens. Philosophie et participation aux affaires de la cité paraissent dorénavant incompatibles pour Platon.
A la mort de
Socrate, Platon se réfugie à Mégare. C'est là qu'il rencontre Euclide de Mégare, fondateur de l'école mégarique (influence de Parménide). Platon écrit ses premiers dialogues qualifiés de socratiques parce que, soit ils sont consacrés à défendre la mémoire du maître, soit ils mettent en oeuvre dans la recherche d'une définition la méthode d'analyse de Socrate.
Platon entreprend alors une série de voyages. Il est déjà célèbre et reconnu pour un maître. Il est probable qu'il se rend en Egypte et en Cyrénaïque (Lybie actuelle). Selon une tradition, il se rend ensuite en Italie méridionale et notemment à Tarente, où il rencontre le mathématicien pythagoricien Archytas qui aura une grande influence sur l'orientation de sa pensée. Platon gagne ensuite la Sicile, répondant à l'invitation de Denys 1er l'ancien, le puissant tyran de Syracuse. Platon pense qu'il pourra convertir Denys à ses idées politiques et philosophiques. L'aventure finit mal. Impatient de se défaire d'un censeur génant, le prince le fait traîtreusement embarquer sur un navire spartiate qui le débarquera dans l'île d'Egine, alors en guerre contre Athènes. Platon est capturé et vendu comme esclave. Il est heureusement reconnu par le cyrénaïque Anniceris qui le libère.
De retour à Athènes, en 387 av.J.C., Platon fonde l'Académie. Cette école de philosophie est la première de l'histoire organisée de façon méthodique, avec salles de cours et bibliothèque.
L'Académie était un lieu de rencontre intellectuelle devenu rapidement célèbre. Pendant les 20 ans qui suivent la fondation de l'Académie, Platon écrit ses "oeuvres de maturité", tout en se consacrant ardemment à son oeuvre de chef d'école.
En 367 av. J.C., Denys 1er meurt. Son fils, Denys II lui succède, jeune homme insignifiant qui semble devoir se laisser mener facilement par un homme de la famille princière, Dion, en qui Platon avait trouvé, lors de son premier voyage un adepte fervent de ses vues. Platon, qui a plus de 60 ans, quitte son école en pleine prospérité pour Syracuse. Cette nouvelle expérience ne tourna pas mieux que la première. Dion est exilé et Platon, comblé d'honneurs hypocrites, est en réalité retenu comme otage. Par force, on se décide enfin à le libérer.
En 361 av.J.C., Denys II invite à nouveau Platon qui repart en Sicile pour la troisième fois. Une nouvelle brouille éclate. Platon est assigné à résidence et Archytas dut faire pression sur Denys pour qu'il fut permis à Platon de regagner Athènes. Peu après, Dion quittait la Grèce et entreprenait une expédition en Sicile. Ses premiers succès n'eurent pas de suite: en 354 il meurt, assassiné par un de ses partisans.
De retour à Athènes, Platon écrit ses derniers livres dits "oeuvres de vieillesse". Le philosophe n'a pas renoncé à son idéal politique: son dernier ouvrage, Les Lois, précise en détails la constitution de la cité future. Les Lois restent inachevées car Platon meurt en 347 av.J.C., à l'âge de 80 ans.

Apport conceptuel

Le savoir et l'ignorance

On sait que Socrate se défiait de l'écriture au profit d'un enseignement oral. C'est la raison pour laquelle Platon écrivit essentiellement des dialogues, cette forme d'écrit si proche de la parole. Mais c'est dire aussi qu'on ne peut connaître dans la solitude mais seulement par le débat.
Dans un texte célèbre, l'allégorie de la caverne, Platon compare notre situation d'ignorance à celle d'un prisonnier condamné à ne voir depuis l'enfance que des ombres. Sous le poids de nos désirs et de nos opinions, nous ne pouvons qu'errer dans l'illusion. Il faut donc délivrer le prisonnier que nous sommes de ses chaînes (ce que fit Socrate pour Platon) pour apprendre notre raison à voir les réalités que sont les Idées. Platon oppose la lecture sensible du monde, mouvante, source d'erreurs et d'errance à la lecture intelligible, source de la connaissance. Il nous faut saisir les Idées qui sont du reste le modèle du sensible. Ainsi l'idée de justice est le modèle qui permet de comprendre ce que sont les conduites justes, l'idée de beau est le modèle qui permet de reconnaître les choses belles etc.
Dans sa montée vers la connaissance l'âme qui se libère de l'opinion commencera par l'étude des mathématiques. Les mathématiques ont en effet l'avantage de porter sur des objets intelligibles. Le cercle, le carré, les nombres sont des idées que nous ne pouvons appréhender au moyen de nos sens. Si j'admets que cette droite sans épaisseur mais d'une longueur infinie dont me parle le mathématicien existe, alors même que je ne l'ai jamais vue, je suis prêt à admettre l'existence des idées. C'est le sens de la formule que Platon fit graver au fronton de l'Académie : Que nul n'entre ici s'il n'est géomètre . Pourtant les mathématiques ont deux inconvénients : d'une part la géométrie antique n'est pas totalement libérée du sensible, puisque le mathématicien trace les figures sur lesquelles il va raisonner. Or le sensible est un lieu d'errance. D'autre part, le mathématicien pose des propositions de départ qu'il ne démontre pas et qu'il prend pour fondement. Ainsi les mathématiques ne sont pas totalement rationnelles.
Il faut donc accéder au second degré de l'intelligible qui nous permettra d'accéder à la réalité des Idées. La méthode ne sera plus déductive, comme en mathématiques, mais dialectique. Celle-ci élève l'âme progressivement du sensible vers les idées qui le fondent jusqu'à atteindre le véritable fondement qu'est l'idée de Bien. Platon fait du bien non pas une idée morale mais un principe métaphysique. C'est le principe d'harmonie qui gouverne le monde (les Grecs considéraient que l'univers, le cosmos était ordonné) et qui doit gouverner notre vie privée (morale) et publique (politique).
Ce chemin vers les Idées est bien illustré par la dialectique du beau que Platon décrit dans Le Banquet. L'amour est un manque qui nous conduit d'abord à aimer les beaux corps puis les belles âmes jusqu'à l'accession à l'idée même de Beau.
La connaissance est possible car notre âme a jadis, avant de s'incarner dans notre corps, contemplé les idées. Platon développe en effet le mythe de la métempsycose qu'il emprunte à Pythagore. L'âme lors de l'incarnation a oublié les idées et la connaissance consiste donc à se souvenir. C'est la réminiscence.

La morale et la politique

La philosophie platonicienne développe aussi une théorie morale et politique.
a) la critique de la démocratie
La démocratie est fondamentalement démagogique. C'est la domination de l'opinion c'est-à-dire du langage des préjugés, de l'incompétence.
Pour Platon, la politique est un savoir. Qu'est-ce qu'être compétent politiquement ? c'est savoir et surtout posséder le savoir de la fin (fin=but) Celui là est compétent qui connaît la fin spécifique de ce qu'il doit faire. Or quelle est la fin de la politique ? La fin de la politique est de nous faire vivre dans un monde de raison, c'est-à-dire de lutter contre la violence.
Pour Platon est compétent celui qui connaît la fin d'une action. Quand les fins sont différentes, les compétences sont différentes. Or il est toujours possible de faire croire qu'on sait (démagogie). Il y a deux manières de gouverner des ignorants : on peut le faire en toute honnêteté dans l'intérêt de tous mais on peut aussi utiliser la démagogie, flatter les passions. Dans le Gorgias, Platon imagine un médecin assigné en justice par un cuisinier devant un tribunal d'enfants. Le cuisinier va dire « c'est moi qui vous donne la santé » et mitonner de bons petits plats. Le médecin va dire « non c'est moi » et distribuer des potions amères. Que vont décider les enfants (c'est-à-dire les ignorants) ? Dans le contexte antique, le démagogue, le flatteur, le manipulateur d'opinion est le sophiste. Aujourd'hui ce sont les medias. Il existe une actualité de ces analyses. Les démagogues sont de toutes les époques.
La connaissance des fins est inégale. Chacun a connaissance de certaines fins. Le cordonnier poursuit une fin : fabriquer des chaussures. Mais il ne lui viendrait pas à l'idée de conduire une bataille. Inversement le stratège ignore ce qu'est la fabrication des chaussures. Il y a donc différence des savoirs parce qu'il y a différence de fonctions. Or la démocratie est ce lieu où tout le monde se croit compétent pour parler de tout. C'est là l'illusion. Chacun dit « je pense que ». Règne alors le mot incontrôlé, la parole instable (cf. l'image des statues de Dédale dans le Ménon : l'opinion est comme ces statues dotées de mouvement qu'on néglige de fixer et qui ne restent pas en place. Seules les sciences sont stables) Si la politique est un savoir, la démocratie est un système absurde. Il est absurde de voter au sujet de la vérité. C'est comme si on soumettait au vote un problème de mathématique ou de physique. La majorité peut se tromper (cf. Galilée. On peut avoir raison contre tous). Il est des circonstances où un individu peut avoir raison contre tous. La vérité ne se décide pas au suffrage universel.
La démocratie est donc le règne du désordre. Seul le savoir permet l'ordre. Il n'est rien de pire que d'être gouverné par des ignorants. Chacun se dit compétent en politique. Le stratège dit « moi je sais ce qu'est la guerre et je peux défendre le pays » Chacun de ceux qui réussissent dans leur travail diront être compétent. Platon ne serait pas étonné de voir certains journalistes demander leur opinion politique à des écrivains ou des artistes comme s'ils en savaient plus que les autres sous prétexte qu'ils sont compétents dans leur discipline. Quand chacun dit « c'est moi qui sais », celui qui triomphe est seulement le plus habile, l'orateur qui sait retourner une foule. La voie est libre pour la tyrannie. Au fond Platon craint moins la démocratie que ce à quoi elle mène : la tyrannie.
b) La justice
L'erreur est de croire que la compétence politique porte sur le général. Toute compétence est spécialisée. La famille poursuit une fin spécifique, l'entreprise une autre mais la cité aussi poursuit sa fin.
La fin de l'Etat est la justice.
Qui sait ce qu'est la justice ? C'est le philosophe. A l'époque pas de différence entre philosophie et science. Platon préconise donc le gouvernement des savants.
Qu'est-ce que la justice ? la cité juste, la cité idéale est la cité harmonieuse. La cité juste est la cité où chacun est à sa place (d'ailleurs être juste c'est être à sa place) La cité platoniciennes a un caractère organique : solidarité des fonctions, dépendance réciproque des couches sociales.
L'organisation est tripartite selon le shéma suivant :

Corps social
Fonction
ةquivalent dans l'âme
Vertu (les vertus cardinales)

Philosophes
Rois (gouvernent la cité)
Raison (noùs)
Sagesse

Guerriers
Défendent (sont subordonnés)
Courage (thymos)
Courage ] Sagesse + courage + tempérance = justice

Artisans, esclaves
Travaillent
Appétits (epithumia)
Tempérance

La bonne cité est celle où les philosophes commandent, où les guerriers défendent et où les artisans travaillent..
Quelles sont les qualités du philosophe roi ? Le philosophe est compétent parce qu'il sait (rien n'est pire que d'être gouverné par des ignorants) et aussi parce qu'il déteste le pouvoir. Le savoir rend en effet heureux. Celui qui sait n'a besoin de rien d'autre. il faut donc forcer le philosophe à gouverner car il ne le désire pas. C'est ce qui le rend compétent car celui qui n'aime pas le pouvoir ne risque pas d'en abuser. Il faut se méfier de ceux qui aiment le pouvoir car ils en abusent (à méditer au plan électif - ceux qui se présentent sont en général ceux qui aiment le pouvoir et qui sont donc potentiellement porté à en abuser)
Les qualités qui rendent le philosophe compétent viendront aussi de son éducation. Dans La République Platon explique ce que sera l'éducation des gardiens (philosophes rois) Ils seront choisis dans l'élite intellectuelle, morale et physique selon une instruction poussée. La réforme politique nécessite une réforme éducative.
ہ cette cité juste correspondent terme à terme les caractéristiques de l'âme juste (pas de séparation entre la morale et la politique pour les philosophes antiques) L'âme juste est aussi l'âme harmonieuse : la raison y domine sur le courage et les appétits. L'homme juste n'existe vraiment que dans la cité juste. Dans la timocratie l'âme est le plus souvent sous l'empire du courage et dans la démocratie y dominent les passions.
c) L'utopie platonicienne
Platon ne dit pas comment passer de la cité idéale à sa réalisation. Tout ce que nous pouvons dire est qu'elle est compatible avec la nature humaine. Il faut qu'un roi devienne philosophe ou qu'un philosophe devienne roi.

  • Rendre un roi philosophe. Platon essaiera par trois fois, la première auprès du tyran Denys Premier l'Ancien de Syracuse, les deux autres fois auprès de son fils Denys II le Jeune. Les trois essais furent de cuisants échecs qui faillirent très mal se terminer pour Platon. Pour détails, lire la Lettre VII
  • Rendre un philosophe roi. Certes tout est permis au philosophe qui gouverne la cité pourvu que ce soit pour le Bien (Platon reconnaîtra même le droit au mensonge politique. Il peut être utile de mentir aux ignorants) mais tout n'est pas permis au philosophe qui ne gouverne pas. Il lui est d'abord interdit de prendre le pouvoir par la force. Le tyran est celui qui prend le pouvoir par la force (le tyran n(est pas le despote - le tyran prend le pouvoir illégitimement alors que le despote gouverne par la violence) et Platon ne cesse de condamner la tyrannie. Il ne peut la recommander au philosophe. Le philosophe est né dans la cité qui l'a nourri. Il lui est redevable et son premier devoir est d'obéir aux lois. Le savoir n'a pas à s'imposer. Platon compare la cité à un bateau avec un équipage et un capitaine. Il y a un autre homme sur le bateau qui connaît l'art de lire le chemin dans les étoiles. Une tempête éclate et le capitaine perd la tête. Celui qui sait doit-il prendre la place du capitaine ? Platon répond négativement. Il doit attendre qu'on le lui demande. Tout ce qu'il a le droit de faire est de dire qu'il sait. Y a-t-il une chance qu'on fasse appel au philosophe pour gouverner, qu'on l'élise ? La réponse est négative. Les ignorants ne reconnaissent pas la compétence. Ce sont les ignorants qui condamnent Socrate à mort.

Il faut attendre. Peut-être un jour les hommes ne sauront-ils plus que faire et confieront-ils le gouvernement à celui qui sait. Nous attendons depuis…24 siècles ! Platon n'abandonnera jamais l'espoir. C'est le sens de l'Académie, première école de philosophie de l'histoire. Elle fut fondée par Platon dans un but purement politique : former des jeunes gens qui un jour peut-être gouverneront.
En attendant au mieux gouverne le savoir faire dans l'ignorance de la fin. L'actualité de Platon est dans la préfiguration d'une critique de la technocratie. La technocratie est l'oubli de la fin au service du savoir faire efficace. Elle sait mais ne sait pas pourquoi elle sait. La fin est le PIB mais le PIB pourquoi ? Platon prend encore l'image du bateau : il est parti, il n'est pas ivre mais il ne sait pas vers quel port il va. C'est un bateau qui erre sans chercher de port mais qui est bien conduit. Le capitaine est efficace . le bateau ne coulera pas mais il erre. Le savoir est perdu et la politique n'est plus qu'un rouage. La machine marche à l'aveugle. cf. la dégénérescence de l'Etat dans la République qui va de l'aristocratie à la timocratie (excès des honneurs) puis à l'oligarchie (ceux qui gouvernent s'enrichissent) puis à la démocratie (révolte de ceux qui n'ont rien) et s'achève dans la tyrannie.

Les principales œuvres .

Il est difficile de les dater rigoureusement. On peut les grouper schématiquement en quatre grands groupes :

  • Les dialogues de jeunesse ou dialogues socratiques ainsi nommés car soit ils défendent la mémoire du maître soit ils mettent en œuvre sa méthode : Hippias majeur, Lachès, Lysis, Charmide, Apologie de Socrate, Protagoras, Gorgias.
  • Les dialogues de maturité : Ménon, Cratyle, Phédon, Le Banquet, Phèdre, La République.
  • Les dialogues métaphysiques : Parménide, Théétète, Le Sophiste, Le Politique.
  • Les dialogues de vieillesse Philèbe, Timée, Critias, Les Lois

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